orphelins de l'Éden

12.21.2008

la journée la plus courte peut aussi être éternelle

Par la fenêtre, j'aperçois un parfait paysage hivernal: les grands sapins sur le terrain de la famille guatémaltèque devenus grands-pères blanchis, les flocons se précipitant par dizaines de million au gré des vents constants, le tapis laiteux et resplendissant recouvrant toutes les surfaces soumises à cette abondance venue tout droit des cieux. Peu d'âmes circulent par pareille journée. Tout semble en suspens. On dirait Noël avant le temps.

Quand nous sommes sortis plus tôt pour pelleter une partie de l'averse de cette tempête à longue haleine, nous nous sommes précipités dans un banc de neige à l'arrière de la maison. M. a bondi sur ses pieds quand de la neige a réussi à s'infiltrer à sa taille parce que l'élastique de son manteau n'était pas bien installé. Je l'ai nargué en lui reprochant ne pas s'être vêtu de sa peau bleue, lire ici combines.

La tâche s'est avérée plus courte et agréable que d'abord prévue. La neige avait des aspects de duvet et s'envolait avec légèreté à chaque coup de pelle. Comme il fait bon de s'activer d'un bon effort.

À un moment, M. et moi nous nous sommes croisés, lui avec sa grande pelle mangeuse de banc de neige, moi munie d'une des deux nouvelles pelles rouges achetées hier, et nous nous sommes salués d'un sourire plein d'amusement et de paix.

Je dois dire que nous filons des jours doux. Notre deux se porte à merveille à l'orée de la nouvelle année. M. est toujours cet être gamin qui me couvre de compliments sincères. Je suis toujours amoureuse de ses beaux yeux de bichon couleur noisette. Nous formons une belle paire et dans notre nid, bien au chaud, l'amour veille.