orphelins de l'Éden

4.13.2008

dénouement de manigances

Il fait une sieste mon beau fêté. Vingt-sept ans, on a pas ça à tous les jours. En fait, on a ça une fois dans une vie, comme tous les autres chiffres qui déterminent à partir d'un fameux jour que voilà, nous sommes une nouvelle somme vers de nouvelles multiplications d'expériences et de nouvelles divisions de notre désordre intérieur pour une meilleure compréhension de chaque morceau de notre mécanique spirituelle.

Alors il se repose. Il faut dire que nous nous sommes mis au lit à 2 h du matin, une fois que ses amis ont secoué leurs corps amortis par l'alcool et la fatigue pour les faire passer le pas de la porte.

Le plan du week-end, c'était:

- vendredi soir: spectacle de Daniel Bélanger, ça vous le savez.

- samedi matin: faire les courses pendant que monsieur dort pour ne pas qu'il voit les victuailles qui allaient servir à l'élaboration du repas surprise du soir; convaincre M. de faire le ménage dès mon retour en disant qu'il vaut mieux s'en débarasser tout de suite; se rendre en ville pour aller faire imprimer sur un t-shirt une image dans une boutique spécialisée dans ce genre de concept (mais la boutique était fermée pour rénovation, ce qui nous a quand même permis d'aller chercher un chocolat chaud aux Chocolats de Chloé et de nous choisir quatre précieux cubes chocolatés - pâte d'amande, poivre de Schechuan, piment d'Espelette, basilic - que nous avons dégustés avec ses amis en fin de soirée après les avoir séparés chacun en six morceaux).

- samedi après-midi: de retour à la maison, je lui ai cuisiné un gâteau aux bananes et à la confiture d'airelles pour notre supposé souper en tête-à-tête et nous nous sommes mis à la popote pour préparer ma soupe préférée (une recette que M. a inventée qui a comme base du bouillon de légumes et un sachet de crème de quinoa). À ce moment-là, J., notre ancienne charmante voisine, est arrivée. M. n'a pas compris sur le coup qu'elle était là pour son anniversaire, surtout qu'elle arrivait seule. Parce qu'il faut savoir que nous avons pris une résolution de groupe entre anciens voisins. Notre chimie nous a tous tellement plus que nous avons fait le serment de nous revoir maintenant à chaque anniversaire d'un de nous puisque nous sommes tous séparés à présent de ce lieu qui a vu naître notre amitié collective. Alors M. comprend enfin que j'ai organisé un souper surprise. Mais il est un peu inquiet parce que ses amis l'ont contacté le matin même pour lui demander ce qu'il faisait dans la soirée pour son anniversaire et il ne sait pas si les deux groupes vont bien se mêler. Ses amis viennent écouter le hockey et je savais que nous finirons bien par regarder la partie aussi entre anciens voisins considérant que Ps. notre ancien charment voisin, est un accroc du sport et que c'est tout de même les séries. Alors, je balaie les inquiétudes de mon amoureux. Tout ira bien.

- samedi soir: maintenant que Sm. et Ps. sont arrivés, nous nous installons pour le repas. Au menu, la soupe en entrée et pour le plat principal une création: saumon badigeonné de pesto rosso cuit en papillote, servi sur lit de riz sauvage aux grains mélangés (noir, rouge, court, long) lié de parmesan et accompagné d'asperges passées sous le gril et de noix de pin grillées. Unanimement, nous parlons de délice. Trois minutes avant la partie, les amis arrivent et nous descendons pour prendre place autour du foyer où M. avait installé l'antenne sur le poste télé afin de capter CBC. À un moment, nous avons tenté d'écouter la radio pour suivre la partie en français, mais, je l'ai appris hier, il y avait un décalage de quelques secondes entre l'image et le son, les jeux étant révélés à l'avance par les ondes radio par rapport à l'image sur l'écran. Pendant le deuxième entracte, Ps. nous raconte que lui, son cousin, son beau-frère et un ami de longue date sont allés voir une partie des Canadiens à Buffalo il y a quelques week-ends et qu'ils se sont retrouvés totalement par hasard dans le même hôtel que les joueurs de l'équipe, qu'ils ont eu la chance de rencontrer dans le hall et avec lesquels ils ont piqué une jasette, rien de moins. Ps. étant un orateur né, c'est comme si nous y étions.

- samedi près de minuit: Ps. et J. se sont endormis, lovés sur un divan en bas; Sm. boit un café avant de reprendre la route; les amis de M. écoute de la musique qu'il leur fait découvrir; je suis une petite abeille qui happe les bouteilles de bières et les verres de vin dès qu'ils sont déposés, vides. Lorsque nous nous mettrons au lit, tout sera impeccable ou presque.

- dimanche matin: parce que je sais que son père et sa blonde, D., viennent bruncher pour l'anniversaire de M. Bien sûr, monsieur n'est pas au courant et j'use d'astuces pour faire retarder le moment de la faim. À 7 h, il se réveille et comme un enfant impatient, il me demande où est son cadeau. Il sait qu'il existe parce que je lui ai déjà dit que je l'avais trouvé il y a presque un mois et demi. Je lui dis qu'il est caché, mais que la carte est dans son bureau de travail. Il va la chercher et revient la lire dans le lit. Ensuite, le voilà parti dans une chasse au trésor à la recherche de son cadeau. Il trouve le premier paquet pour apprendre qu'il y en a un deuxième. Après plusieurs minutes de fouille, il revient au lit avec deux cadeaux de forme identique. Dans chacun se trouve une montre, lui qui porte la même depuis qu'il a l'âge de quinze ans tel un objet sacré. Les deux montres sont des répliques de modèles des années 80. Au moment de l'achat, je ne suis pas arrivée à arrêter mon choix alors je suis partie avec les deux. Une d'elles est une montre-calculatrice qui fait tellement lui, monsieur l'informaticien. Il est heureux de ses cadeaux. Bizarrement, son père, qui revient d'une croisière dans les Îles des Caraïbes, lui offre aussi une montre. M. a maintenant l'embarras du choix et le mince tiroir de notre table de chevet, vide jusque-là, est devenu un parking de bracelets-montres.

- dimanche soir: souper chez la mère de M. à venir. Ma grand-mère, qui a téléphone M. pour lui souhaiter un joyeux anniversaire, lui a volé le punch. Mais ça va chère grand-maman, toutes les autres surprises ont réussi.

Et je suis pleine de bonheur pour cet être que j'adore.