orphelins de l'Éden

1.09.2011

l'oeuf ou la poule

Ton papa dit que la parole est proche. Tu communiques déjà tellement bien avec nous. Qu'est-ce que ça sera alors.

Notre chimie de petite famille fonctionne à merveille, vraiment. Parfois, tu fais les signes que tu connais en les adaptant à tes besoins. Par exemple, le "encore" devient "je veux" ou "manger, boire". Parfois aussi, il te suffit de pointer pour que nous comprenions ce que ton regard vif a saisi et convoite tout à coup.

Mais il est vrai que très bientôt, ton vocabulaire ira au delà des fameux "maman, papa" que tu aimes prononcer en série quelques fois dans ta journée. Ta voix, elle est comme du miel à nos oreilles.

Ma douceur. C'est comme ça que je t'appelle des fois. Ou je dis que tu es douceur. Dans les deux cas, c'est que mon coeur fond quand ta petite main m'effleure tendrement ou que tu tends tes lèvres pour donner un bécot spontanément, quand tu t'agrippes comme un bébé koala à tes réveils ou que tu t'arrêtes de jouer pour venir te lancer dans nos bras et nous serrer fort, fort, fort, quand tu vas jusqu'à Nougat le gros chat couché sur l'îlet pour enfouir ton visage dans son pelage ou que tu partages un peu de ta nourriture en nous tendant une bouchée, même lorsque c'est quelque chose que tu aimes beaucoup, comme une framboise rouge et juteuse.

Mon clown. Quand je t'appelle comme ça, tu te penches pour attraper le bas de tes pantalons afin de découvrir tes mollets en les relevant. Tout ça parce qu'un jour dans les dernières semaines, tu as commencé à répéter ce geste rigolo et à te promener en esquissant des grands pas qui t'ont donné des allures de oui, vous l'aurez deviné, de clown et que j'ai dit à ce moment-là quelque chose à propos du fait que tu faisais le clown. Toi, ta mémoire a gardé cette info amusante de ce mot associé à ce geste et puis il y a trois ou quatre jours je crois, je t'ai encore traité de clown gentiment parce que tu faisais une autre clownerie et toi, tu t'es arrêté pour attraper le bas de tes pantalons afin de découvrir tes mollets en les relevant. Trop mignon.

Parce que des mots, oh que tu en comprends. À défaut de pouvoir te les mettre en bouche, tu les stockes dans tes cellules grises en prévision du déblocage ultime qui te permettra la coordination cordes vocales-langue-palais-respiration-mental.

En attendant, tu m'impressionnes garçon. Quand tu accomplis des actions clairement liées à ce que nous te disons. Quand tu prends une feuille de papier et que tu l'apportes à ton papa, comme je te l'avais demandé. Quand tu vas chercher le ballon pour nous le lancer, parce que nous jouons avec toi et que nous te l'avons demandé. Quand tu nous fais le signe qui montre ton intention parce que nous te le demandons.

En fait, nous te demandons beaucoup. Sûrement parce que tu réponds avec un enthousiasme si contagieux.

N'est-ce pas qu'apprendre est le plus beau des jeux?

1 Comments:

At 3:24 p.m., Anonymous Anonyme said...

c'est FOU tout ce qu'un enfant peut apprendre sans que personne ne le lui enseigne de façon formelle. le language est l'une des choses les plus complexes qu'on aura a apprendre ds notre vie et on le fait sans avoir des cours de grammaire!
ça marche bcp par phases, tout d'un coup c'est un bond comme si l'eau était devenu vapeur ou glace. Matteo s'est mis a signer du jour au lendemain vers 1 an et c'est quasiment pareil pour le language ou ça a débloqué d'un coup vers 18 mois.
c'est tellement le fun qd ils se mettent a nous jaser ça!
gros becs et bonnes futures conversations avec coco clown-douceur.
joanna

 

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