orphelins de l'Éden

8.01.2006

Je sue

La scène: je suis debout sous le jet d'eau froide projeté par le pomeau de douche que je tiens au-dessus de ma tête. Je décompresse.

Quelques instants auparavant, mon amoureux m'a envoyée de force me rafraîchir. Dans la cuisine, dans la canicule, à gérer le souper, je m'impatientais. Il avait tenté de déplacer le ventilateur pour me fouetter d'un semblant de courant d'air. Sans amélioration. Mon impatience me transformait de plus en plus en monstre critiquant tout, rouspetant pour un rien, chialant comme une linotte. Mon amoureux est d'une gentillesse extraordinaire à mon égard dans ces moments de tension enfantine de ma part. Il m'impressionne vraiment. Il a aussi essayé de me nourrir d'un bout de piment qu'il a coupé rapidement, situation urgente oblige. Voyez-vous, lorsque j'ai faim, je peux arracher des têtes. Il le sait bien maintenant. Mais je n'avais pas faim.

En m'empoignant le bras pour me jeter dans la salle d'eau, il réussi à faire tomber la pression. Toujours, il dissipe mon nuage que je génère par mes ondes négatives armé de son amour branché sur mes besoins.

De retour dans la douche, le rideau s'entrouvre, mon amoureux me tend une bière glacée et m'ordonne de boire une bonne gorgée. Je l'aime. Fin.