orphelins de l'Éden

12.29.2009

en bref

Noël, encore une fois. Mais cette fois, en tant que parents. Parents devant planifier leurs déplacements avec garçon en tête parce qu'il est notre top priorité. Ainsi donc, notre caravane s'est déplacée jusqu'à Saint-Sauveur le jour du boxing day, histoire d'aller faire dodo chez maman-de-ta-maman après avoir englouti un grosse bouffe traditionnelle. Elle nous laissa sa chambre qu'elle avait aménagée pour notre confort collectif. Nous sommes toujours bien accueilli chez elle.

Il y avait ton arrière-grand-maman, ta tante G., son amoureux Rb., ton oncle, et leur fils, ton cousin Lc., qui souffrait d'une poussée dentaire. Il y avait les enfants de Jc., l'amoureux de la maman-de-ta-maman, Rm. et Ml., et aussi M-C, l'amoureuse de Rm. Il manquait au tableau toute la famille de ma soeur B. Heureusement, l'année prochaine à pareille date, ils seront enfin de retour de Hong-Kong, établis quelque part plus près de nous. Tu es passé dans plusieurs bras, mais tu es surtout resté lové au creux de ton Ergo, au calme dans ta bulle de tissu. Maman-de-ta-maman a sorti un album photo avec des clichés de moi à ton âge et ton papa trouve que tu me ressembles aussi. Tu serais un mélange de nous deux.

Et puis aujourd'hui, nous sommes sortis toi et moi. Nous devions nous rendre au CLSC pour rencontrer une médecin qui allait nous donner un coup de pouce pour l'allaitement qui continue à être douloureux. Cette femme originaire des États-Unis et parlant un français impeccable a été d'une douceur et d'une générosité touchantes. Elle a pris le temps de te voir prendre le sein, de nous donner des conseils, de te déshabiller, de te changer la couche, de réessayer le sein, de te rhabiller, de prendre l'autre sein. Bref, un bon 40 minutes dans son bureau à ne pas nous sentir rusher, à bénéficier de son coup de main pour prendre soin de ton confort, mais surtout de ses trucs de pro. Selon elle, je suis trop gentille quand je te mets au sein. Il faut que je t'écrase à mon sein pour ne pas que tu mordilles mon mamelon. Lorsqu'elle t'y a collé, tu as été contrarié. Monsieur est tanné de se faire changer ses habitudes. C'est comme si je devais moi-même réapprendre à manger à tous les mois. Non, ce n'est plus avec une fourchette qu'il faut piquer tes aliments, c'est avec le manche de ta cuillère. La bonne médecin nous a encouragé à persévérer, comme nous le faisons depuis nos débuts houleux. Selon elle, nous sommes à deux doigts de ne plus avoir de souci. Hourra.

Garçon est de plus en plus beau, de plus en plus attachant. Quand il se réveille le matin, il est heureux et je le stimule en attrapant ses mains dans les miennes, en touchant du bout de l'index toutes les parties de son visage, en le faisant pédaler dans le vide rapidement. Quand nous le baignons, il se tortille comme une torpille. Il adore l'eau. Quand nous dormons tous les trois, nous nous collons amoureusement.

Ah oui, j'allais oublier, le jour de Noël, en revenant du brunch chez la maman-de-ton-papa, papa t'a changé les fesses et faisait le 1-2-3 pour ouvrir ton prépuce avant d'appliquer la crème à base de cortisone prescrite par l'urologue quand tout à coup, ton gland émergea. Il n'aura fallu qu'une semaine pour arriver à pouvoir bien nettoyer ce petit recoin. Nous avons donc suspendu la prise d'antibiotiques. Hourra là encore.

Les jours passent et se ressemblent cependant que tu changes un peu à chaque instant.

12.22.2009

s'élire

Garçon se prépare à célébrer ses deux mois le jour de la naissance du petit Jésus. Il me semble qu'hier seulement nous revenions de la maison avec lui, un peu déboussolés par cette nouvelle et immense responsabilité d'être parents. Aujourd'hui, je peux dire qu'il suffit d'être à l'écoute et le reste suit.

Je peux dire aussi que toutes mes expériences antérieures m'ont préparée à veiller sur Bo. Mon sens de l'observation développé dans les transports en commun de Montréal, mon sens de la discipline inculqué par ma mère et ma soeur B., mon sens de l'amour affûté par mes nombreuses rencontres, mon sens de la confiance ultime légué tel un précieux joyau par ma relation intime avec la création et son créateur.

Si j'arrive à donner tout ce que je suis à mon fils, c'est parce que j'ai compris qu'il doit en être ainsi et pas autrement. Tout lui donner pour qu'il prenne ce dont il a besoin pour pousser à merveille. Qu'il prenne mes bisous, mon respect, mes caresses, mes soins, mes chants, mes mots niais et gaga, qu'il prenne tout cela et qu'il remplisse sa besace pour la vie qui l'attend. L'enveloppement doucet deviendra la fondation de ta conscience et cette fondation pourra supporter le chef-d'oeuvre que tu voudras devenir.

Je crois en toi comme tu es venu à nous.

12.19.2009

j'y suis

1- Tel que promis, je viens livrer des nouvelles du nouveau chapitre de la saga dilatation du bassinet droit de Bo. Je dis "nouveau chapitre" parce que non, ce n'est pas encore fini. Grâce au scan nucléaire passé jeudi, l'urologue a déterminé que l'uretère était très dilatée sur toute sa longueur entre le rein et la vessie. Conséquemment, le risque d'infection urinaire est de 25 %, alors oui, il faut que Bo. prenne les antibiotiques par prévention au final. Mais puisqu'il nous sait pas trop chaud à l'idée, il m'a montré comment peut-être réduire le temps de la prise du médicament. En fait, il me faudra appliquer une crème à base de cortisone sur le prépuce fermé de Bo. et le travailler pour qu'il libère le gland. La cortisone amincit la peau. Ce sera un peu comme une circoncision au ralenti. Ainsi, nous pourrons mieux nettoyer cet interstice propice à la prolifération des bactéries et éviter une infection par une bonne hygiène. Bo. sera suivi par le spécialiste jusqu'à ce que le tout se résorbe, ce qui se fera d'ici deux ans.

2- Oh la, la, mille excuses. Vos commentaires avaient été bloqués depuis fin novembre... Moi qui croyais que plus personne ne s'intéressait à laisser trace de leur passage après leur lecture... Donc quatorze commentaires sont réapparus quand j'ai réalisé qu'un changement opéré dans les paramètres de mon blogue par ma petite personne était à l'origine de cet imbroglio. Ouf, je vous ai relu avec plaisir et ça me fait un bien fou de savoir que vous êtes toujours là, même vous cher ZindaCup-assez-provocant-merci. Un message pour vous: non mon fils ne sera pas un presqu'orphelin semi adopté parce qu'il ira à la garderie. Il ne faut pas pousser le coeur d'une mère au bord du précipice ainsi, ce n'est pas très empathique, surtout que vous êtes plein d'amour sous vos airs de dur à cuire.

3- Je tiens à clarifier quelque chose. Mon message "hôte" en a inquiété plus d'un. Certains d'entre vous m'ont même téléphonée pour vous assurez que tout allait bien (clin d'oeil à ma chère Cht. amie et collègue). Loin de moi l'intention de ternir de négativisme l'immense bonheur de vivre auprès de garçon. Encore une fois, ce jour-là, il me fallait dire ce que j'ai dit. C'est ce que je ressentais à ce moment-là, quand j'ai pris place devant l'écran. Vous savez que j'ai toujours fonctionné de la sorte pour alimenter cet espace. Et que mon corps soit l'hôte de mon fils comporte son lot de privilèges. Mes bras le réconfortent à tout coup et juste ça, ça vaut de l'or.

4- Un mot à propos du sous-sol. Présentement, ça sent la résine chauffée parce que M. manipule la scie ronde pour installer une à une les lattes du plancher flottant. Il s'est fixé comme objectif de terminer l'ensemble de son projet entamé mi-août assez réussi merci avant 2010. Bien qu'il aime travailler à créer ces lieux, il mérite de se reposer en profitant un peu plus de garçon.

5- À propos de garçon, ses sourires sont de plus en plus nombreux et il est tellement joli que je ne peux m'empêcher de le couvrir de baiser. Quand il pleure, je lèche ses larmes salées en lui murmurant un air improvisé. Avec ma mémoire de plouc, aucune des mélodies connues ne collent à mes cellules grises alors à chaque jour, je renouvelle mon répertoire qui consiste souvent à répéter en boucle des choses toutes bêtes comme "garçon, garçon, mon beau chaton, mon beau mouton, mon beau vison, mon beau bison..." Bref, pas trop élaborées comme chansonnettes, mais efficaces, oui.

6- J'espère que vous êtes toujours là.

12.15.2009

ralentir la cadence, une forme d'hivernation

Mon corps n'est plus tout à fait le mien, mais ça fait partie de l'expérience, n'est-ce pas? Pour sa part, mon esprit tourne à bas régime, préservant son énergie pour se concentrer sur le maternage.

Mon blogue se fige. C'est décidé, les messages s'espaceront. Je n'ai plus assez de jus pour produire comme je l'ai fait depuis trois ans maintenant, aux deux, trois jours. Le printemps ravivera sûrement mon inspiration.

J'espère que vous ne m'oublierez pas, que vous reviendrez jetez un coup d'oeil de temps en temps. D'ailleurs, revenez vendredi ou samedi prochain, je vous annoncerai les conclusions de la saga dilatation du bassinet droit de Bo. qui se terminera par un happy end parce qu'il le faut.

Merci à chacun d'entre vous, gros comme l'univers.

12.13.2009

hôte

Je sens le lait caillé. Je me promène, 24 sur 24, avec des coupoles perforées dans ma brassière au bout de mes seins pour faire aérer mes mamelons qui sont encore irrités. Entre les boires, une quantité de lait s'y accumule et lorsque je me penche pour faire ceci ou cela, ça coule, alors je sens le lait caillé.

Je ne me sens pas trop sexy ces jours-ci. Quand je sors enfin de mes pyjamas quelque part pendant la matinée, j'enfile un chandail veste facilitant l'allaitement et des pantalons pour quelques heures seulement. Je prends ma douche en soirée, quand M. peut s'occuper de Bo. et à nouveau, me revoilà dans mes pyjamas. Je suis plutôt du type vêtement confortable en temps normal, mais là, j'ai l'impression de toujours porter les mêmes fringues, en boucle de lavage.

J'ai les mains sèches à force de me les laver à chaque changement de fesses et à chaque manipulation de mes fameuses coupoles, tellement que des micro fissures blessent mes jointures. Quand je passe un doigt sur la joue de garçon, ma peau rêche l'écorche.

Je n'avais pas respiré l'air frais depuis mercredi dernier quand je suis sortie ce matin pour marcher un peu.

Mon corps n'est plus tout à fait le mien.

12.11.2009

veiller l'éveil

Sans même avoir lu mon précédent message, M. a décrété haut et fort, après avoir pelleté en soirée mercredi: "Ceux qui paient pour faire déblayer leur entrée sont fous! Il est si agréable de prendre l'air de cette manière." Alors j'ai compris que je pouvais oublier mon idée de contacter monsieur le déneigeur, même si ce n'était que pour m'informer des tarifs.

À ce sujet, M. m'a aussi formellement interdit de sortir pour pelleter, surtout avec Bo. Primo, il prétend que c'est sa seule façon de rester en forme; secundo, d'avoir senti les petites mains froides de garçon après notre périple dans la tempête malgré le fait que je les avais emmitouflées m'avait déjà convaincue de ne plus recommencer cet hiver cet exercice, dans ces conditions, et a sérieusement inquiété papa.

Je passerai donc la saison encabanée, un peu comme un personnage d'un roman de Jorn Riel. Je regarderai la blancheur dominer depuis le confort de mon foyer, dans l'attente d'une journée plus clémente pour risquer notre bout du nez à l'extérieur.

Honnêtement, je n'envie pas ces mères qui sautent dans leur voiture avec leurs petits pour aller tournoyer au centre d'achats afin de changer d'air. Pour l'instant, je préfère les repères tranquilles du paradis. Sortir demeure encore de l'ordre de l'expédition. Alors même si j'avais un véhicule pour me déplacer, je ne l'utiliserais pratiquement pas.

Quand Bo. aura un peu grandi, nous sortirons avec plus d'assurance. Par ce temps-là, les bancs de neige fonderont sous les rayons d'un printemps hâtif et j'aurais des fourmis dans les jambes.

À propos de Bo. qui grandit, monsieur sourit depuis quelques jours, intentionnellement. Il sourit par bonheur, par bien-être, pour dire quelque chose comme "je suis bien là, maintenant". Ce n'est qu'un début et déjà, mon coeur s'enflamme par cette communication.

12.09.2009

just do it

La première vraie bonne tempête de l'hiver virevolte avec force et sature l'air de poudreuse agitée. Entre les murs du paradis, il fait bon et Bo. dort collé à moi, encore. J'écoute l'album de Timber Timbre pendant que j'essaie de me convaincre de m'habiller chaudement pour aller affronter la tâche de pelleter l'entrée. C'est qu'il me faudrait également préparer garçon à me suivre dans ce froid blanc et je n'arrive pas à me résoudre à le secouer de son sommeil.

Debout à la fenêtre du salon, j'ai plissé les yeux pour lire le numéro de téléphone inscrit sur le poteau orange planté par le déneigeur du quartier chez un voisin à proximité. Je me dis que ce serait un beau cadeau à offrir à la maisonnée. Bien sûr, il y a toujours le facteur hasard qui fait hésiter à prendre une telle décision: et s'il ne neigeait pas plus que deux ou trois bonnes tempêtes cette saison? Du moins, je peux téléphoner et m'informer des tarifs.

Plus j'attends, plus la neige s'accumule. M. revient du travail plus tôt, sûrement une faveur accordée par le patron aux employés vu les conditions météorologiques. Il devra récupérer les heures en faisant du télé-travail, alors je lui ai proposé par courriel de déblayer l'entrée pendant qu'il bosserait avec garçon sur lui. D'ici là cependant, les congères risquent d'avoir terriblement gonflé.

Décidément, les soucis de ma confortable existence sont pathétiques. Surtout si je me souviens cet article dans l'Itinéraire portant sur le plus grand camp de réfugiés au monde situé au Kenya et accueillant des Somaliens fuyants les violences nées des confrontations entre les factions islamistes. Le camp est si peuplé que les nouveaux arrivants qui continuent d'y affluer régulièrement depuis des années doivent se construire des abris de fortune en bordure du périmètre protégé.

Ma mère m'a appris à ne pas demeurer centrer sur mon nombril. Toujours, m'a-t-elle répété, il y a plus infortuné que nous. Alors on retrousse ses manches et on se grouille les fesses. Surtout que garçon se réveille justement. Parfait timing pour passer à l'action.

12.07.2009

Sans blague

Quelques minutes avant qu'il ne rentre du boulot, je glisse un CD dans le lecteur. Il ouvre la porte, entend la mélodie et dit:

- Wow, Les Fourmis, ça jouait justement à la radio.

Je réponds:

- Eh ben, tu parles d'une coïncidence.

cristallisation

De passer la majorité de mon temps au paradis m'amène à réaliser que le plaisir des coïncidences au quotidien est en quelque sorte mis sur la glace. Pour faire des liens au fil des jours, il faut un minimum d'actions susceptibles de provoquer cette alchimie si délicieuse. Des actions comme des rencontres, des déplacements, des lectures, des bribes de conversation. Entre les murs du paradis, il n'y a que moi, Bo. et le gros chat Nougat. M., lorsqu'il y est, passe encore beaucoup de temps dans le sous-sol, à faire avancer les travaux, qu'il veut terminer avant 2010. Alors peu nombreux sont les petits synchronismes qui me font tant apprécier la perfection du cours des choses. J'imagine que cette magie ne sera que plus extraordinaire lorsque je pourrai reprendre contact avec elle.

De toute manière, en échange, j'obtiens une nouvelle sorte de magie, celle naissant à chaque regard porté sur la métamorphose de garçon. Ce que je vis auprès de lui, c'est un espace-temps précieux, une parenthèse unique. L'apprécier à sa juste mesure donc, pareil qu'un millésime rarissime.

Malgré tout, si je vis moins d'événements nés de mon contact avec l'extérieur, conséquemment, j'apporte moins d'eau au moulin de mon inspiration. C'est comme ça. J'ai toujours carburé aux joyaux disponibles ici maintenant. Aussi, je déteste ressasser toujours les mêmes idées, parler des mêmes choses. Bien sûr, j'ai des thèmes de prédilection, mais je ne veux pas en venir à ce point où je vous emmerde, où chaque billet n'est qu'une pâle copie du précédent. Je m'inquiète donc de la pérennité de mon blogue.

Peut-être était-ce pour moi l'occasion de me surpasser et d'arriver à puiser dans des ressources inconnues pour maintenir mon air d'aller? Il paraît que parfois, la contrainte nous pousse à explorer d'autres avenues, que de sortir de nos sentiers battus nous amène à découvrir que nous portons les moyens d'adaptation en nous, comme des clés inutilisées susceptibles pourtant de déverrouiller toutes les portes auxquelles nous nous frappons le nez. Reste à voir ce que les muses en diront, elles.

12.05.2009

victoires

La cystographie est accomplie et Bo. est un champion. Il l'est parce qu'il a passé au travers cette épreuve médicale sans trop pleurer. La très gentille technicienne qui nous a guidés au travers cet événement stressant nous avait pourtant préparé mentalement, nous les parents, à entendre notre enfant pleurer probablement tout au long du gros vingt minutes d'examen. Mais voilà, Bo. est un champion, je le répète. Surtout que la gentille technicienne a eu la bonne idée de lui prêter une suce pour le temps qu'a duré la session de radiographie. Bo., transformé en Maggie Simpson, s'est concentré sur son plaisir de succion comblé plutôt que sur la douleur du cathéter inséré dans son méat urinaire afin de remonter son urètre jusqu'à sa vessie. Pauvre loup.

Verdict: pas de reflux. Donc pas d'énormes possibilités d'infections urinaires. Un gros morceau de robot pour nous qui avions décidé de ne pas lui donner d'antibiotique en doses préventives après tout, car même si nous avions fait remplir la prescription, je n'avais jamais réussi à me résoudre à lui administrer et M. n'avait jamais insisté pour que nous le fassions non plus. Je crois que le fait d'avoir obtenu une possibilité d'examen assez rapidement a joué en faveur de notre décision. Nous nous disions que si un reflux était confirmé, alors là, il y aurait une raison réelle et non pas qu'hypothétique pour aller de l'avant avec le traitement.

Confirmation joyeuse: pas de reflux. Malheureusement, l'urologue que nous avons rencontré à la suite des clichés rayons X exécutés a un peu crevé notre bulle de parents enfin soulagés en nous apprenant que non, tout n'était pas encore terminé. La cystographie mictionnelle n'a éliminé que deux des quatre causes probables de l'hydronéphrose - synonyme de dilatation du bassinet. Ah bon. Maintenant, Bo. devra passer un scan rénal afin de déterminer s'il souffre d'un blocage urétéro-pelvien ou urétéro-vésical, ou de rien du tout et que ce ne soit après tout qu'un problème musculaire qui finira par se résorber avec le temps.

Quand monsieur l'urologue très sérieux et plongé à 100 % dans sa persona je-suis-médecin-moi-un-vrai-de-vrai-professionnel a évoqué cette dernière possibilité qui s'avère être le cas chez plus de 80 % - encore des pourcentages! - des poupons porteurs de cette anomalie, mon coeur a fait un bond. Mon ostéopathe, qui n'est pas spécialiste comme monsieur l'urologue, avait justement évoqué une tension musculaire qui causait la dilatation de l'uretère lorsqu'elle avait examiné la région du rein droit de Bo. avec le seul toucher de ses mains miraculeuses. Elle est forte A-M et voilà, d'ici le 18 décembre cette fois, nous serons bel et bien fixés.

À propos de mes seins douloureux, le pire est derrière je crois. Quand il enserre l'aréole de ses petites lèvres affamées, ça ne brûle que pour quelques secondes maintenant. Bo. a eu une poussée de croissance il y a quelques jours et hier soir, il est allé jusqu'à vider trois fois le sein avant d'être sustenté. Gauche, droite, gauche encore.

Ça va tellement mieux que la semaine dernière que j'ai même pu lire, ces deux derniers jours, pendant que j'allaitais. Un livre qu'il y avait longtemps que je voulais lire: L'élégance du hérisson. Bijou de roman vraiment. Bourré de beaux mots, truffé de grandes idées ramenant à l'essentiel. L'essentiel, c'est d'être aimé. Bien sûr, mais aussi d'aimer, avec un coeur grand ouvert, prêt à gober la beauté simple des choses du monde. Toutes choses, matérielles, spirituelles. Aimer et dire merci.

12.02.2009

entrevoir l'autonomie

Bébé raptor est collé à moi, endormi. J'en profite, à cette heure hâtive, pour faire des appels dans les garderies que j'avais contactées en juin dernier afin d'inscrire garçon sur leur liste d'attente pour leur donner sa date de naissance que certaines m'avaient alors demandées. Ce sera chose faite sous peu.

Penser à ce jour où je passerai mes journées loin de Bo. me semble inapproprié. Je veux profiter de lui à fond la caisse. Mais il faut ce qu'il faut et parce que la réalité de trouver une garderie dans ce contexte de pénurie de places doit être réglée le plus tôt possible, je me dois de faire preuve de vigilance et d'organisation. Je note les noms des institutions, ceux de mes interlocuteurs, les dates de contact. Je reste confiante que Bo. fleurira dans un beau terreau social. La soeur de M. nous a parlé d'un milieu familial géré par la mère d'une de ses bonnes amies, que je connais un peu. À voir cette jeune femme douce, polie et créative, je sais que la mère a pris son travail éducatif à coeur. Je me dis que pour les premiers temps, Bo. sera tout petit et qu'il pourra bénéficier d'un environnement plus intimiste. L'idéal serait qu'il intègre une CPE vers l'âge de deux ans et demi, trois ans. Bien sûr, l'important c'est qu'il soit heureux et stimulé là où il passera la majorité de ses journées.

Pensée crève-coeur encore. Mon garçon laissé à des étrangers si tôt. Tout ça pour faire rouler l'économie de notre paradis. M. et moi avons connu nos premières années auprès de notre maman, au foyer. Deux des mes amies ont décidé d'étirer leur congé maternel jusqu'à ce que leur garçon n'atteigne 18 mois. Avec M., nous nous assoirons dans quelques mois pour budgéter parce que nous jonglons avec cette idée nous aussi. Six mois de plus, ce n'est pas énorme, mais c'est déjà ça.

Dans une entrevue télévisée hier matin - j'allume l'appareil pendant les séances de boire le jour -, Isabelle Boulay racontait que son garçon connaîtra plusieurs paires de bras qui s'occuperont de lui, comme elle a connu plusieurs phares éducatifs adultes dans le milieu de la restauration dans lequel elle a grandi. Selon elle, les parents sont importants, mais ne doivent pas représenter la source exclusive de transmission de valeurs et de connaissances. Dans un certain sens, cette philosophie se rapproche de celle des tribus qui élèvent leur marmaille de manière collective. L'individu se développe avec un sens de l'ensemble plus certain, en comprenant son rôle social de façon instinctive. Les égos péroreurs ne doivent pas être nombreux à trouver racines dans un tel contexte éducatif.

Moi qui ait toujours été une amoureuse de la diversité des âmes et de la richesse que chacune recèle, il me faudra apprendre à faire confiance que mon fils ne sera que plus fort par toutes les rencontres qui ponctueront son chemin de vie. Et demeurer constamment disponible à ce qu'il me raconte son voyage.